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Page PVB 2026

Date de publication :

31 juillet 2026

1er août

Les élèves sélectionnés pour le Prix Beaverbrook-Vimy de cette année sont officiellement arrivés en Europe et ont entamé leur périple à travers la France et la Belgique.

Pour amorcer leur réflexion, les élèves ont été invités à répondre à cette question en une seule phrase : 

« Que signifie pour toi la mémoire ? »

‍Landon :La mémoire, c'est une cicatrice qui s'imprime dans l'esprit ; même si elle s'estompe avec le temps, elle ne disparaîtra jamais. 

‍Talia :La mémoire, c’est notre façon d’essayer de conserver les aspects les plus importants de la vie alors qu’ils s’effacent rapidement dans l’histoire. 

‍Maximilien : Lamémoire, c’est se souvenir d’un passé qui reste toujours d’une certaine actualité. 

‍Émile :Pour moi, la mémoire est quelque chose qu’il faut entretenir pour ne pas oublier les atrocités d’une guerre. 

‍Hannah : La mémoire…c’est le cadre à travers lequel nous choisissons – ou sommes contraints – de considérer les fragments du passé que nous pouvons conserver ; la mémoire englobe des récits et des émotions, ainsi que des liens inévitables avec notre présent. 

‍Nicolas :La mémoire, c’est l’ensemble collectif des actions, des gestes et des paroles qui permet de ne jamais oublier quelqu’un. 

‍Zeineb : Pour moi,la mémoire , c'est tout ce qui s'est passé – une expérience qui se transforme en souvenir. 

‍Mikayla : Pourmoi, la mémoire, c’est reconnaître et partager à la fois le beau et le laid, surtout dans une optique d’impartialité et de compréhension.

‍Jack : Pour moi, la mémoire, c'est la manière dont nous rendons hommage au passé tout en nous tournant vers l'avenir.

‍Lorenz :La mémoire, c'est se souvenir du passé, des personnes et des événements — c'est en faire une légende. 

Junior : Unsouvenir n’est rien d’autre qu’un moyen simple de revivre le passé pour aller de l’avant.

‍Grace : Pour moi, la mémoire, c’est se souvenir de ceux qui ont vécu avant moi et qui ont contribué à la vie heureuse que j’ai la chance de mener aujourd’hui.

Sarah :Pour moi, le souvenir, c’est se rappeler quelqu’un ou quelque chose, peu importe le temps qui s’est écoulé, même si cela ne semble pas important sur le moment ; cela peut avoir plus d’importance qu’on ne le pensait au départ. 

Ji Woo : Unsouvenir est quelque chose qui ne meurt jamais, même après la mort d'une personne. 

Emily : La mémoire , ce sont les traces que quelque chose laisse dans le monde qui l'entoure. 

2 août

Le deuxième jour, les élèves ont entamé leur deuxième journée dans le cadre du programme du Prix Vimy Beaverbrook et leur première journée complète consacrée à la découverte des monuments commémoratifs de la Première Guerre mondiale.

La journée a débuté au Mémorial de Beaumont-Hamel, à Terre-Neuve, où les élèves ont bénéficié d'une visite guidée du site par Emma, guide du ministère des Anciens Combattants du Canada. Ensemble, ils ont découvert l'histoire du champ de bataille et ont rendu hommage à ceux qui y ont combattu.

Dans l'après-midi, le groupe s'est rendu à Thiepval, où ses membres ont participé à une discussion sur la mémoire, échangeant leurs points de vue sur la manière dont nous nous souvenons du passé et sur les raisons pour lesquelles la commémoration reste importante aujourd'hui.

Aujourd'hui marque également le lancement des réflexions quotidiennes des élèves. Émile et Mikayla sont les premiers à partager leurs expériences dans le cadre du programme.

Émile Giglmaier

Aujourd'hui, pour notre deuxième journée du programme « PVB », nous avons assisté à une séance très intéressante et émouvante. 

Nous avons d'abord visité un cimetière de la Commonwealth War Graves Commission, où nous avons découvert comment ces cimetières sont organisés et pourquoi ils ont été conçus de cette manière particulière. Nous nous sommes ensuite rendus au Mémorial de Terre-Neuve, où un guide nous a fait visiter les lieux et nous a raconté l'histoire de la bataille qui s'y est déroulée. Il nous a expliqué comment une erreur de communication avait contribué à l'une des journées les plus meurtrières pour l'armée britannique pendant la Première Guerre mondiale.

Nous avons ensuite exploré ensemble le « no man’s land », cette zone qui séparait les tranchées adverses pendant la guerre. En parcourant ce champ de bataille historique, nous avons pu imaginer les conditions difficiles et dangereuses auxquelles les soldats devaient faire face au quotidien. La vue des cratères laissés par les explosions nous a rappelé avec force à quel point la guerre peut être dévastatrice — une réalité que nous n’aurions probablement jamais vécue ni comprise de manière aussi vivante sans ce programme.

Nous avons ensuite visité le Mémorial de Thiepval, l'un des plus grands monuments aux morts au monde. Il rend hommage à plus de 72 000 soldats britanniques et sud-africains tombés au combat lors de la bataille de la Somme et dont les corps n'ont jamais été identifiés. Nous nous sommes retrouvés face à ce monument impressionnant, ce qui nous a permis de prendre la mesure des immenses sacrifices consentis pendant la guerre.

Par la suite, nous avons visité plusieurs cimetières militaires appartenant à différents pays, notamment la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Inde. Chaque cimetière avait son propre style et sa propre atmosphère, reflétant les traditions et la culture du pays qu’il représentait. Nous avons observé les différences au niveau des pierres tombales, des symboles et des façons de rendre hommage aux soldats. Nous avons également découvert la tombe d’un soldat britannique qui n’avait que 17 ans à sa mort — exactement le même âge que certains participants de notre groupe.

Enfin, deux participants, Maximilian et Lorenz, ont présenté les histoires de deux soldats. Leurs exposés étaient particulièrement intéressants, car ils nous ont rappelé que les soldats étaient des gens ordinaires, avec une famille, des rêves et des ambitions. Le soldat présenté par Maximilian était un explorateur australien qui avait déjà pris part à des expéditions au pôle Sud avant la guerre. Le soldat présenté par Lorenz avait été enseignant dans son propre établissement avant de s'engager dans l'armée. Ces récits personnels ont rendu l'histoire beaucoup plus concrète et nous ont aidés à mieux comprendre la dimension humaine du conflit.

Mikayla Yung

Mon nouvel animal préféré

Je crois que j’ai un nouvel animal préféré. Le problème, c’est que je n’en ai jamais vraiment eu… Chaque fois que quelqu’un me demandait quel était mon animal préféré, je répondais généralement sans réfléchir « le chien » ou « je ne sais pas. J’en ai pas vraiment ». Je n’y avais jamais vraiment réfléchi parce que, pour moi, un animal préféré, c’était juste quelque chose qu’on choisissait parce qu’on aimait son apparence ou peut-être parce qu’il était mignon. Ce n’était pas quelque chose auquel je pensais vraiment, mais ce matin, je me suis retrouvée devant le Mémorial de Terre-Neuve à Beaumont-Hamel, en train d’admirer un caribou en bronze.

Notre excellente guide, Emma, nous a raconté l’histoire du Royal Newfoundland Regiment et de son héritage, le 1er juillet 1916. Elle nous a parlé de George et Stanley Abbott, deux frères originaires de Terre-Neuve qui s’étaient engagés ensemble pour se battre au service de l’Empire britannique. Ils sont partis au combat côte à côte, mais comme tant d’autres ce jour-là, ils ne sont jamais revenus. Les corps des frères Abbott n’ont jamais été retrouvés, mais leur histoire — et le lien qui les unissait en tant que frères — restera à jamais gravée dans les mémoires.

Emma a ensuite expliqué pourquoi le caribou était devenu l'emblème de Royal Newfoundland.

Les caribous sont connus pour rester au sein de leur troupeau. Face au danger ou à l'adversité, ils ne s'abandonnent pas les uns les autres. Ils restent ensemble. Ils avancent ensemble, se protègent mutuellement et s'efforcent de continuer à aller de l'avant même lorsque cela n'est pas facile. 

Les frères Abbott et la symbolique du caribou m’ont accompagné tout au long de la journée, même pendant la partie de « Mafia » que notre groupe a jouée ce soir. Je n’ai cessé de repenser à la façon dont George et Stanley Abbott se sont lancés ensemble dans l’inconnu, en tant que frères ayant choisi de se tenir aux côtés l’un de l’autre. Leur histoire m’a rappelé que le courage, c’est d’avoir quelqu’un à ses côtés lorsqu’on affronte les moments les plus difficiles.

En observant ce soir les membres de notre groupe du Prix Vimy Beaverbrook, je n’ai pu m’empêcher de reconnaître en eux cet esprit propre au caribou. Nous sommes tous différents. Nous venons de provinces, de cultures, d’écoles et de milieux différents. Nous avons chacun nos propres histoires, nos propres expériences et nos propres raisons d’être ici, mais nous sommes unis par un objectif commun. 

Alors que nous continuons à évoquer ces tragédies qui nous ouvrent les yeux, je peux affirmer avec certitude que nous serons aux côtés les uns des autres. Je suis impatient de voir comment notre groupe va grandir tout au long de ce parcours et comment, à l’image d’un troupeau, nous allons nous soutenir mutuellement tout au long de ce chemin.

Du coup, si quelqu'un me demande quel est mon animal préféré, j'ai enfin une réponse.

Un caribou.

Non pas parce que c'est l'animal le plus grand, le plus rapide ou le plus fort, mais parce qu'il symbolise quelque chose de bien, bien plus significatif. Il me rappelle George et Stanley Abbott, ainsi que tous ceux qui ont puisé du courage auprès des personnes qui les ont soutenus. La véritable force réside dans ceux qui choisissent de se tenir à vos côtés, et après seulement une journée, je me sens déjà privilégié de faire partie de ce PVB .

3 août

Le troisième jour, les élèves ont poursuivi leur parcours dans le cadre du programme du Prix Vimy Beaverbrook en consacrant une nouvelle journée à la découverte de l'histoire et de l'héritage de la Première Guerre mondiale.

La journée a débuté à la Citadelle de Doullens, où les élèves ont pu découvrir ce site historique en compagnie de leur guide, Gilles. Ils ont ensuite poursuivi leur parcours par la visite de plusieurs sites gérés par la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth, sous la conduite de leur guide, Isa, qui leur a permis d’en apprendre davantage sur le travail de commémoration de ceux qui ont perdu la vie pendant la guerre.

Les réflexions du jour nous sont proposées par Zeineb et Nicolas, qui partagent leurs impressions et leurs expériences sur le programme depuis son début.

Zeineb Imazitene

Aujourd’hui, nous nous sommes levés tôt car nous devions nous rendre à la Citadelle de Doullens. J’étais impatient de visiter ce site, car il m’a vraiment permis de comprendre à quel point l’histoire peut être complexe en un seul et même lieu. L’architecture m’a tout de suite frappé, puisque ce site a été construit en 1530, et j’ai été émerveillé par la façon dont les hommes ont édifié cette citadelle. J’ai également beaucoup apprécié l’histoire du site lui-même : d’abord espagnol, puis français, il a servi d’hôpital de campagne pendant la Première Guerre mondiale, avant de devenir un camp de prisonniers de guerre allemand pendant la Seconde Guerre mondiale. (Et aujourd’hui, c’est un charmant centre pédagogique ouvert à tous. Merci Gilles !). Ce que j’ai trouvé ironique, c’est que pendant la Première Guerre mondiale, cet endroit servait d’hôpital, destiné à soigner et à prendre soin des gens, alors qu’il a connu une utilisation diamétralement opposée pendant la Seconde Guerre mondiale. En réfléchissant à ce site dans le contexte des deux guerres mondiales – d’abord comme lieu de guérison entre 1914 et 1918, puis comme lieu de terreur par la suite –, ce changement et cette polyvalence de l’espace m’ont fait prendre conscience à quel point un lieu peut s’adapter aux besoins humains.

Notre dernière étape aujourd’hui a été la visite du cimetière français de Notre-Dame-de-Lorette, où nous avons enfin pu rencontrer Pierre ! La première chose que j’ai remarquée, c’est l’élégance des cimetières et des monuments commémoratifs que nous avons visités jusqu’à présent dans le cadre de ce programme. Les efforts considérables déployés par les jardiniers et les gardiens pour préserver le caractère unique de ces lieux m’ont procuré un sentiment de paix, et Notre-Dame-de-Lorette n’a pas fait exception. Cela m’a fait réfléchir à l’impact de la guerre : lorsque je vois les chiffres dans un manuel scolaire, ils ne reflètent pas la réalité telle qu’elle se présente lorsqu’on constate de ses propres yeux le nombre de pierres tombales. Même si cette guerre a eu lieu il y a plus de 100 ans, cela n’a en rien altéré le lien culturel et émotionnel qu’elle entretient avec la société d’aujourd’hui, ni son importance. Aujourd’hui, des personnes consacrent leur vie à comprendre cette histoire et à veiller à ce qu’elle ne tombe pas dans l’oubli. Pierre a souligné qu’il y avait plusieurs tombes musulmanes laissées vides au cas où d’autres victimes musulmanes françaises seraient retrouvées à l’avenir. Cela m’a fait plaisir de savoir qu’on leur donnerait un lieu de repos, et c’était pour moi un signe plein d’espoir. Je me sens très privilégiée de pouvoir visiter ces sites aujourd’hui grâce à l’entretien constant et au dévouement sans faille des vétérans bénévoles et des historiens qui prennent soin de ces lieux de mémoire.

Nicolas Abrard

En entrant dans la Citadelle de Doullens, nous avons rencontré notre guide pour cette aventure : Gilles Pireaux. C’est lui qui nous a conduits dans les tunnels. Dès le début, j’ai eu l’impression que chaque salle était un portail vers la prochaine étape de la journée. À chaque détour, ce n’était pas simplement un mur de pierre, mais une nouvelle histoire à découvrir. Chaque sortie menait vers un autre lieu de mémoire, d’autres soldats et infirmières dont l’histoire était dévoilée.

Après avoir quitté les profondeurs de la Citadelle et découvert son histoire complexe, nous avons poursuivi notre chemin comme si nous étions dans une machine à remonter le temps. Chaque arrêt était un nouvel éclairage qui mettait en lumière une nouvelle histoire. Tout d’abord, nous avons visité le cimetière où Ji Woo nous a raconté l’histoire de son infirmière. Ensuite, nous avons visité le siège officiel de la CWGC. Nous avons découvert comment la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth (CWGC) fabrique les pierres tombales des soldats et nous avons assisté au processus d’identification des soldats inconnus. Ensuite, dans le tunnel suivant, se trouvait le Mémorial des aviateurs, où Hannah a raconté l’histoire de son pilote britannique. Plus nous avancions, plus nos connaissances sur la guerre s’enrichissaient. Le suivant à prendre la parole était Émile, qui a évoqué un membre de la Résistance française au Mur des Fusillés à Arras. Le dernier passage du tunnel était celui de Notre-Dame-de-Lorette, où Hannah, Maximilien et moi-même avons présenté la commémoration de la guerre en France, au Canada et au Royaume-Uni. Avant la fin de la visite, Pierre nous a raconté l’histoire du cimetière et du monument.

En voyant la lumière au bout du tunnel, j’ai pris conscience que l’expérience que j’ai vécue aujourd’hui était une métaphore de notre programme : chaque pas dans le tunnel nous rapprochait d’une meilleure compréhension et d’un meilleur souvenir de la guerre. Je suis tellement reconnaissant d’avoir pu vivre cette expérience aujourd’hui.

4 août

Le quatrième jour, les élèves ont poursuivi leur parcours dans le cadre du programme du Prix Vimy Beaverbrook par une journée de découverte de la crête de Vimy et des lieux de mémoire environnants.

La journée a débuté par une visite exceptionnelle au Mémorial national canadien de Vimy, où les élèves ont été accompagnés par Parker, guide au sein du ministère des Anciens Combattants du Canada et lauréat du Prix Vimy Beaverbrook 2023. Le groupe a également eu l'occasion de participer à une visite guidée exceptionnelle des tunnels de Vimy.

Tout au long de la journée, les élèves ont animé des présentations sur plusieurs sites, explorant ainsi divers points de vue sur la Première Guerre mondiale. Thomas a animé une discussion sur l’anticolonialisme au site du cratère de Zivy. Landon et Junior ont présenté un exposé sur la vie quotidienne des soldats au Mémorial de la 3e division. Rosalie s'est penchée sur la mémoire allemande et la participation des Juifs à la Première Guerre mondiale au cimetière militaire allemand de Neuville-Saint-Vaast. Sarah a évoqué le Soldat inconnu au cimetière britannique du Cabaret-Rouge, tandis que Chloé a exploré les contributions des communautés LGBTQ+ à l'effort de guerre canadien au cimetière militaire d'Écoivres.

Les réflexions d'aujourd'hui sont celles de Landon et Sarah.

Landon Smith

Aujourd’hui, mon colocataire et moi nous sommes réveillés à 7 h pour nous préparer à notre quatrième journée bien remplie du programme « PVB ». Au programme de cette journée figuraient la visite de nombreux sites, tels que la crête de Vimy, le cratère de Zivy, ainsi qu’un monument érigé par la 3e division canadienne sur la crête de Vimy. J’avais très hâte de partir à la découverte de ces lieux, car j’avais toujours rêvé de voir la crête de Vimy de mes propres yeux. De plus, c'était aujourd'hui que je devais présenter mon projet de groupe sur la vie quotidienne des soldats pendant la Première Guerre mondiale.

Nous avons visité la crête de Vimy dès notre départ de l’hôtel. Voir le monument de mes propres yeux était magnifique. Les deux piliers d’un blanc éclatant, entourés de statues, offraient vraiment un spectacle saisissant. Je me suis tenu devant le monument et le temps s’est arrêté ; je n’ai pu que me laisser submerger par l’émotion et pleurer, conscient que ce monument était l’une des raisons pour lesquelles j’avais pu participer à ce programme. Mais ce n’est pas la seule raison. Au moment de postuler à ce programme, je traversais une période très stressante. J’avais promis à ma grand-mère de prendre des photos du monument sur la crête pour elle, car elle avait toujours rêvé de le voir de ses propres yeux.

Elle est décédée avant que j'apprenne que j'avais été admis dans le programme.

Me tenir aujourd’hui devant le monument de Vimy m’a procuré un sentiment de plénitude. J’avais tenu la promesse que j’avais faite à ma grand-mère et, même si je ne pourrai pas le lui montrer en personne, je sais que, quelque part, elle a vécu ce moment avec moi.

Ce monument est la plus belle chose que j’aie jamais vue. J’ai passé une grande partie de mon temps sur place, simplement assis devant lui. J’ai réfléchi à ce qu’il symbolisait et aux sacrifices consentis pour sa construction. Les milliers de noms gravés dans sa pierre y resteront à jamais et ne seront jamais oubliés. Ce fut une journée très émouvante, mais ce n’est pas une mauvaise chose. En tant qu’êtres humains, nous avons besoin d’exprimer nos émotions, que ce soit en riant, en pleurant ou de toute autre manière. Personnellement, je suis heureux d’avoir pu exprimer mes émotions face à ce monument, entouré de mes chers amis qui m’accompagnent dans ce voyage unique.

Repose en paix, Nan. Je sais que j'ai fait ta fierté.

Sarah Tahiry

La crête de Vimy… J’en ai toujours entendu parler en cours d’histoire ou à table, et j’en ai vu des photos sur nos billets de vingt dollars, dans nos manuels d’histoire ou encore, tous les jours, sur le logo de nos t-shirts. Les photos ont été inventées pour immortaliser tout ce qui caractérise un lieu, mais peuvent-elles vraiment rendre compte des émotions que l’on ressent en le visitant ? Après l’expérience d’aujourd’hui, je peux affirmer sans hésiter que non. Visiter le site et découvrir pour la première fois l’immense structure de la crête de Vimy a été une expérience tellement surréaliste que ces images que l’on voit sans cesse n’ont aucune signification comparées à ce que l’on vit en réalité – non pas à cause de l’ampleur du site, mais à cause de toutes les réactions différentes de mes camarades autour de moi par rapport à la mienne. Cette journée m’a semblé bien plus importante que les précédentes, car j’attendais avec impatience de découvrir Vimy avec la Fondation Vimy depuis si longtemps, et je me tenais désormais devant le lieu où le Canada est né.

Lors d’une activité que nous avons réalisée, nous devions trouver des mots pour décrire le site ainsi que nos émotions. Les points de vue divergeaient considérablement, et la façon dont chacun d’entre nous percevait ce lieu de mémoire était très différente. Certains étaient bouleversés et attristés par le nombre impressionnant de noms de soldats tombés au combat, tandis que d’autres étaient fiers de découvrir un lieu de naissance et de victoire. Pour moi, ce qui m’a le plus marqué, c’est le discours de notre éducateur sur l’ironie du silence qui règne sur ce site, alors que le champ de bataille était si bruyant et chaotique pendant la bataille, et sur le fait que cela pouvait être considéré comme un magnifique symbole d’espoir pour tous les pays en proie à des conflits. En tant qu’Afghano-Canadienne, j’ai trouvé très spécial de ressentir de l’espoir pour un avenir meilleur pour mon pays d’origine alors que je me tenais sur le lieu de naissance de mon autre patrie ; c’était une expérience à la fois enrichissante et magnifique.

Ensuite, j’ai fait ma présentation sur un soldat canadien tombé au combat au cimetière du Cabaret Rouge. Debout là, les yeux fixés sur le mot « Inconnu » gravé sur la pierre tombale, tout en rendant hommage à ce brave soldat qui n’a pas pu conserver sa précieuse vie, tout cela m’a semblé tellement réel. Avant de rejoindre ce programme, j’utilisais souvent le mot « réel », mais aujourd’hui, j’ai vraiment compris ce que cela signifiait. Ce fut un moment d’une grande authenticité que de rendre hommage à un soldat tombé au combat dont on ne savait que très peu de choses ; me tenir devant une tombe et parler de l’un des millions de soldats qui ne sont jamais rentrés chez eux m’a semblé si réel et si significatif.

Chaque jour passé à « PVB » est une nouvelle expérience qui m’apprend à rendre hommage à tous ceux qui ont perdu la vie, et je ne pourrais être plus reconnaissante de pouvoir y participer aux côtés de tant de personnes extraordinaires.

5 août

Le cinquième jour, les élèves ont traversé la frontière belge pour une nouvelle journée d'apprentissage et de réflexion dans le cadre du programme du Prix Vimy Beaverbrook.

La journée a débuté au Musée du Mémorial de Passchendaele, avant que le groupe ne se rende sur plusieurs sites importants de la Première Guerre mondiale situés dans le saillant d'Ypres. Au cimetière de Sanctuary Wood, Talia a présenté l'histoire de son ancêtre, Thomas Jones, dont le parcours militaire est étroitement lié à l'histoire de sa propre famille. Au cimetière de New Irish Farm, Nicolas a raconté l'histoire de Lambert, un soldat originaire de Terre-Neuve dont la dépouille n'a été identifiée que récemment, puis Mikayla a fait une présentation sur son soldat. Le groupe s'est ensuite rendu au cimetière militaire allemand de Langemark, où Rosalie a animé une discussion sur l'héritage de Langemark et la place de ce site dans la mémoire collective allemande.

Après avoir passé un moment à découvrir le centre historique d’Ypres, les élèves se sont rassemblés à la Porte de Menin pour assister à la cérémonie quotidienne du « Last Post ». Landon, Lorenz, Hannah et Grace ont eu l’honneur de déposer une gerbe au nom du programme du Prix Vimy Beaverbrook, tandis que Jack a lu l’épitaphe de Kohima. Plus tôt à la Porte de Menin, Junior a présenté l’histoire d’un chirurgien militaire, et Grace a raconté celle d’un soldat autochtone dont le nom est inscrit sur le mémorial.

Aujourd'hui, chaque participant a répondu à la question suivante : « En deux phrases, que signifie pour vous le souvenir ? »

Zeineb :Pour moi, le souvenir, ce sont des événements qui ont compté pour les gens et qui ont marqué leur vie. Par exemple, tout comme les pierres ne changent pas et ne bougeront jamais (à l’image du Mémorial de Vimy), nos souvenirs de leur importance ne s’estomperont jamais non plus. 

Grace : Aujourd’hui, j’ai eu l’occasion de porter la gerbe de la Fondation Vimy lors de la cérémonie à la Porte de Menin. Cette expérience m’a permis de prendre conscience que le travail de mémoire doit être mené sans relâche afin d’honorer véritablement ceux qui ont affronté l’inimaginable. 

Junior :Se souvenir, ce n’est pas seulement penser au passé, c’est commémorer activement la manière dont un événement a façonné notre présent. C’est exprimer notre gratitude envers tous ceux qui, avant nous, ont tant sacrifié pour que nous puissions vivre comme nous le faisons aujourd’hui. 

Jack : Le souvenir, c'est le fait d'honorer et de comprendre ceux qui nous ont précédés ; il offre un espace collectif où des personnes d'horizons différents peuvent se réunir et partager la manière dont le passé nous a tous façonnés. 

Maximilien : La commémorationest la concrétisation physique des souvenirs rassemblés dans un lieu commun et chargé de sens. C'est grâce à cet acte collectif que les souvenirs sont rassemblés, partagés et transmis. 

Sarah :Pour moi, se souvenir, c’est allumer une vieille bougie à chaque fois pour qu’elle ne s’éteigne jamais. C’est comme essayer de maintenir une bougie allumée chaque fois que sa flamme commence à faiblir. 

Nicolas : Le souvenir est très important pour moi. Il englobe les gestes de commémoration, le fait de se rappeler les soldats et les monuments. C'est une façon d'honorer ceux qui ont sacrifié leur vie afin que nous puissions vivre dans un monde meilleur aujourd'hui.

Jiwoo : Se souvenir , c'est permettre au passé de perdurer dans le présent d'une manière particulière. Cela nous permet de réfléchir à ses erreurs afin de construire un avenir meilleur. 

Lorenz : Àmon avis, se souvenir, c'est assister à des cérémonies et échanger avec les anciens combattants. C'est ainsi qu'en se souvenant, on peut transmettre notre savoir à la génération suivante. 

Landon : Se souvenir , c'est rendre hommage. Non pas en connaissant le nom de quelqu'un, mais en connaissant son histoire. 

Émile : Àmon avis, commémorer, c'est participer activement à toutes sortes d'activités liées au souvenir. Cela peut consister à se rendre sur des monuments, à rendre hommage aux personnes disparues dans les cimetières et à participer à des cérémonies.

Talia : Contrairementà la mémoire, le souvenir est un acte qui vise à maintenir la mémoire vivante. Que ce soit par le biais des médias, des monuments ou du bouche-à-oreille, le souvenir est un engagement envers les vies et les sacrifices qui ne peuvent plus se faire honneur eux-mêmes. 

Mikayla :Pour moi, le souvenir est à la fois une expérience individuelle et collective. Chaque lieu que nous découvrons n’est ni tout noir ni tout blanc : il est nuancé et merveilleusement différent pour chacun. 

Emily : Le souvenir, c'est le fait de commémorer quelqu'un de manière intentionnelle et sincère. C'est ainsi que nous faisons perdurer la mémoire des personnes, quel que soit le temps qui s'est écoulé depuis leur disparition. 

Hannah :En leur mémoire, nous portons en nous toutes les vies qui nous ont précédés : leur existence fauchée prématurément fait tourner les aiguilles de nos horloges ; leurs jours passés dans l’obscurité brillent dans nos regards étincelants et nos yeux écarquillés ; leurs chemins, que nous n’avons pas croisés, nous semblent familiers au fil de nos propres parcours. Nous rions de leurs joies, nous sourions de leurs larmes ; nous vivons pleinement nos vies et pleinement leurs morts.

6 août

Le sixième jour, les élèves ont parcouru les champs de bataille de la Première Guerre mondiale en Belgique en compagnie de Steve, de Salient Tours, qui a guidé le groupe à travers plusieurs des sites les plus emblématiques de la guerre.

Tout au long de la journée, les élèves ont visité l'église de Messines, le cimetière de Tyne Cot, la colline 60 et le cratère « Caterpillar », le mémorial du « Soldat pensif » ainsi que le cimetière d'Essex Farm. À chaque étape, ils ont approfondi leurs connaissances sur les batailles qui se sont déroulées dans le saillant d'Ypres et sur l'impact durable de la Première Guerre mondiale sur le paysage et sur ceux qui y ont combattu.

Emily a raconté l'histoire d'un membre de sa famille au cimetière où celui-ci est enterré, permettant ainsi au groupe de tisser un lien personnel avec l'histoire qu'ils ont explorée tout au long du programme. Plus tard dans la journée, au cimetière militaire d'Étaples, Lorenz et Zeineb ont présenté leur projet de groupe intitulé « Les femmes au front », mettant en lumière le rôle important joué par les femmes tout au long de la Première Guerre mondiale.

Les réflexions d'aujourd'hui sont celles de Lorenz et d'Emily.

Lorenz Grefen

Ce matin, nous nous sommes réveillés dans le magnifique « Peace Village » à Mesen, en Belgique. Nous, les garçons, avons commencé la journée par une partie de foot, que nous avons tous beaucoup appréciée.

Après avoir quitté notre auberge, nous avons rencontré Steve Douglas, qui travaille comme guide touristique chez Salient Tours depuis 23 ans. Il est également propriétaire d'une boutique à Ypres, où il vend des objets datant de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.

Nous avons retrouvé Steve à l'église Sint-Niklaaskerk, où il nous a donné des explications très intéressantes sur le rôle qu'a joué cette église pendant la Première Guerre mondiale. Elle avait en effet servi de quartier général aux officiers allemands. Nous nous sommes ensuite rendus à Hill 60, où il nous a expliqué l'importance de la guerre des mines.

Notre étape suivante était le cimetière de Tyne Cot, où Steve nous a donné une image très vivante de ce qu’a dû être la guerre. Nous avons ensuite visité le mémorial canadien de la deuxième bataille d’Ypres, à Saint-Julien. Ce monument avait terminé deuxième du concours visant à désigner le mémorial national du Canada à la crête de Vimy, mais il n’avait finalement pas été retenu.

Notre dernière étape avec Steve était le cimetière d’Essex Farm, où nous avons découvert l’histoire du lieutenant-colonel John McCrae. Nous avons également vu la tombe d’un soldat de 15 ans qui a perdu la vie sur le champ de bataille. Le fait de voir quelqu’un encore plus jeune que nous qui était mort à la guerre nous a fait prendre conscience des immenses sacrifices consentis par les soldats alliés. Ce fut un moment très émouvant pour nous tous.

Après l'excellente visite guidée de Steve Douglas, nous avons déjeuné. Notre prochaine destination était Boulogne-sur-Mer, en France, où Emily a fait une superbe présentation sur l'un de ses ancêtres.

Le dernier site lié à la Première Guerre mondiale au programme était le cimetière d'Étaples, un immense cimetière dédié aux soldats décédés à l'hôpital. Zeineb et moi avons présenté avec succès notre exposé d'équipe intitulé « Les femmes en première ligne ».

C'était notre dernier site historique consacré à la Première Guerre mondiale. Nous passons désormais à l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Notre destination pour la nuit était Dieppe, où nous avons terminé la soirée en nous détendant sur la plage.

Emily Todd

Aujourd'hui, j'ai vu mon oncle, ce qui est étrange, vu qu'il est mort il y a 108 ans.

Cet après-midi, après une fabuleuse visite guidée du saillant d'Ypres animée par Steve, j'ai eu l'occasion de raconter au groupe l'histoire de mon arrière-arrière-arrière-oncle Charlie, qui a servi au sein du régiment de l'East Lancashire pendant 19 mois et qui est décédé à l'âge de 20 ans seulement à l'hôpital militaire de Boulogne.

Après avoir passé des semaines à éplucher divers documents et à feuilleter la collection de souvenirs de guerre de ma propre famille, oncle Charlie est devenu pour moi une figure très chère. Je me surprends souvent à me demander comment il aurait été si je l’avais connu, ou ce qu’il penserait du fait que j’aie choisi de me plonger dans son histoire. Cela a été une façon formidable, bien que parfois difficile, de rendre nos visites plus personnelles ; c’est pourquoi me rendre sur sa tombe aujourd’hui a été une expérience très forte.

Au départ, je m’attendais à ressentir uniquement le chagrin de cette perte, mais en m’éloignant de sa pierre tombale, après y avoir déposé un petit carreau orné de l’emblème de l’abeille ouvrière de Manchester et de son nom, j’ai éprouvé un sentiment de fierté inattendu. Je suis fière d’avoir fait le déplacement pour lui rendre hommage. Je suis fière d’avoir contribué à faire revivre sa mémoire et, surtout, je suis fière de faire partie de ce groupe de personnes extraordinaires qui, jour après jour, perpétuent la mémoire de ces hommes.

Alors oui, j’ai vu mon oncle. Je sais où il est enterré et comment il est mort, et désormais, 19 autres personnes le savent aussi. Pour ceux qui ne font pas partie de ces 19 personnes ou qui ne savent pas de quoi j’ai parlé, sachez simplement ceci : par une belle journée ensoleillée près de la côte française, la mémoire de Charles Arthur Kirkham a retrouvé sa place parmi nous.

Emily a également partagé ce poème qu'elle a écrit.

Que la joie de ton salut

Sois leur force et reste à leurs côtés

Qu'ils t'aiment et qu'ils te louent !

Jour après jour

Tu as grandi comme ma mère l'a fait

Même si cela remonte à de nombreuses années

Avec des cheveux foncés comme son père

Et du même sang que le mien

J'ai suivi chacun de tes jours

Du début à la toute fin

On a évoqué la perte et le grand sacrifice

Fils bien-aimé et cher ami

Donc, en théorie, je te connais bien

Mon grand-oncle (au cube)

Sachez quel est votre nom et votre numéro

Et comment créer un lien vers mon site

Mais c'est tellement difficile de te sentir près de moi

Quand on est si loin

Personne ne t'a jamais rencontré

On ne sait pas grand-chose de toi, à part ton nom

Quelle était ta couleur préférée ?

Comment as-tu passé le temps ?

J'ai très envie de mieux te connaître

Chaque aspect de ta courte vie

Serais-tu fier de ce que j'ai fait ?

Pourriez-vous percevoir l'amour qui se cache dans notre chagrin ?

Qu'aurais-tu aimé faire de plus ?

En auriez-vous eu l'occasion ?

Comme c'est étrange de raviver ce souvenir

Un homme que j'ai l'impression de connaître

Pauvre oncle Charlie

Un autre homme qui n'est jamais rentré chez lui

Cache-le, ô mon Sauveur, cache-le

Jusqu’à ce que la tempête de la vie soit passée

Guide « En toute sécurité vers le refuge »

Ô, accueille enfin son âme

7 août

Le septième jour, les élèves ont découvert le rôle du Canada pendant la Seconde Guerre mondiale lors de leur trajet de Dieppe à la Normandie.

La journée a débuté par une présentation générale du raid de Dieppe animée par Sean, qui a fait découvrir au groupe les événements d’août 1942 et l’importance durable de cette opération. À cette occasion, Emily, Jack et Mikayla ont présenté leur projet de groupe intitulé « L’expérience des soldats appelés sous les drapeaux », qui s’intéressait aux points de vue et aux expériences de ceux qui ont été appelés à servir pendant la guerre.

Le groupe s'est ensuite rendu à la plage de Pourville, où Sean a animé une activité interactive visant à encourager les élèves à mener une réflexion critique sur les défis rencontrés lors du raid de Dieppe. Au cimetière militaire canadien de Dieppe, Chloé a présenté ses recherches sur les violences sexuelles en temps de guerre, explorant ainsi un aspect souvent négligé des conflits et son impact sur les civils et le personnel militaire.

Dans l'après-midi, les élèves sont arrivés au Centre de Juno Beach, où Avneet leur a fait découvrir le musée, ses expositions et les bunkers allemands surplombant la plage. La journée s'est terminée au cimetière militaire canadien de Beny-sur-Mer, où Zeineb a raconté l'histoire de son soldat et a évoqué les liens personnels qui continuent aujourd'hui encore de façonner le souvenir.

Les réflexions d'aujourd'hui nous sont proposées par Hannah, Jack et Junior, qui reviennent sur une nouvelle journée d'apprentissage, de discussions et de commémoration dans le cadre du programme du Prix Beaverbrook de Vimy.

Hannah Liu

Chère maison,

Aujourd’hui marquait l’une des dernières journées de notre aventure. La pensée qui m’a le plus marquée tout au long de la journée, et qui n’a cessé de prendre de l’ampleur depuis que Sean (doctorant !) nous a annoncé pour la première fois au Mont-Sorrel que nous avions atteint la moitié du parcours, était que nous approchions de la fin de notre périple ensemble. Je me suis accrochée, avec une ferveur grandissante, à chaque nouveau panorama qui s’offrait à nous et à chaque vieille blague que nous faisions (Landon a bien fait de faire attention à sa tête). J’écris ces lignes sous un olivier, assise sur la terrasse de notre hôtel à Caen, tandis qu’une partie de notre groupe joue à proximité à un jeu de cartes sur la chronologie de la Seconde Guerre mondiale et qu’un autre membre lit dehors, tandis que je griffonne frénétiquement ces mots dans un carnet désormais tout abîmé. Nous venions tout juste de partager un énième dîner de groupe gigantesque — ce soir, nous essayions de nous surpasser les uns les autres à des jeux de géographie autour d’un plat de poisson blanc et de riz. Je me suis sentie profondément émue par la proximité qui s’est installée entre nous. Notre complicité avait déjà été quasi instantanée, mais la complicité que nous avons forgée et l’ouverture d’esprit avec laquelle nous nous sommes accueillis les uns les autres sont des choses que j’espère ne jamais avoir à laisser derrière moi.

         Ce sont les mouettes bruyantes de Dieppe qui nous ont tirés de notre charmant hôtel en bord de mer. Nous sommes montés sur les falaises, avons contemplé l'étendue rocheuse que nous avions escaladée la veille au soir, avons été malmenés et secoués par le vent, mais avons tout de même pu entendre, malgré les rafales, une présentation qui donnait à réfléchir sur la conscription.

         Pourville, à deux pas de l'autre côté de la baie, était rocheuse et sereine. Les vagues caressaient le rivage avec bien moins de la violence redoutable de Dieppe. Aujourd’hui encore, je ne saurais dire avec certitude si j’ai été davantage frappé par son calme, qui contrastait avec le rugissement de la guerre que nous savions — mais que nous n’entendions pas — s’être abattue sur ces côtes rocheuses, ou par la dangerosité de ces rochers qui, même sous mes pieds de civil, habitués à la douceur et à la lenteur, semblaient impatients de me faire dégringoler le long de la pente.

         Quelle désolation nous avions vue au lendemain du débarquement, désormais rangée et ordonnée entre les murs de briques pittoresques du cimetière de Dieppe. Bien que nous ayons visité la veille un cimetière similaire de la Seconde Guerre mondiale à Boulogne-sur-Mer, j’ai été frappé par une émotion vive et intense en voyant tant de pierres tombales, presque toutes ornées de cette feuille d’érable maudite, si belle et pourtant si obsédante, alignées à l’infini en rangées interminables.

         La Seconde Guerre mondiale, comme j’allais le découvrir au cours de cette journée bien remplie, était d’autant plus proche — à peine vingt ans, n’est-ce pas ? — que le choc de la perte a transpercé toutes les couches d’intérêt intellectuel, de curiosité académique et de ferveur patriotique qui avaient occupé mon esprit à des degrés divers pendant les nombreux jours où nous avions visité des sites liés à la Première Guerre mondiale. Au Centre de Juno Beach (un magnifique musée situé sur ces plages), la douleur brute et le chagrin incommensurable qui s’étaient accumulés en moi tout au long de la journée ont fini par transpercer mon cœur jusqu’à ce que je ne puisse plus les retenir. À la fin de la visite du musée, il y avait ce film — *They Walk With You* — et un artiste brillant avait eu, dans un élan de génie, l’idée d’y inclure, à la fin, des photographies des divisions prises avant l’heure H et le débarquement — puis d’effacer, un à un, de ces brefs instants de joie et de fraternité, tous ces jeunes hommes qui ne reverraient plus jamais leurs amis après ces quelques jours périlleux. Le film a répété ce procédé peut-être quatre ou cinq fois ; dès la deuxième fois, j’avais compris cette cruelle ruse et j’ai ensuite tenté désespérément de mémoriser chaque visage, comme si ma mémoire à elle seule pouvait sauver chacun de ces hommes de l’oubli, avant qu’ils ne disparaissent. Les sourires s’estompaient, les yeux brillants s’éteignaient comme les dernières braises chaudes d’un feu de camp vacillant, et un dernier rempart en moi, que j’avais jusqu’alors cru infranchissable en raison de la distance temporelle, s’est finalement effondré.

         Deux autres personnes ont également fondu en larmes. Je me souviens m’être essuyé les yeux frénétiquement alors que les lumières de la salle étaient encore tamisées, laissant des traces d’eye-liner mal appliqué sur le col de mon t-shirt rouge vif de la Fondation Vimy, le bras d’un ami autour de moi… Mais lorsque nos amis sont eux aussi sortis de cette effroyable caverne de fantômes numériques, et que j’ai vu leurs visages baignés de larmes et leurs yeux rougis et humides, j’ai compris que le moins que nous puissions faire pour les morts était de verser quelques larmes, et nous nous sommes serrés les uns contre les autres dans notre chagrin (à juste titre, dans une salle dédiée au Souvenir et au maintien de la paix).

         Plus tard… le cimetière de Bény-sur-Mer. Nous avions visité tant de lieux de repos éternel et étions tellement entourés de ce voile de mort qui planait sur nous que je craignais de finir par m’endurcir face à de telles choses. Mais mon cœur était encore fragile et mes yeux, à peine séchés, restaient écarquillés. Pour la Seconde Guerre mondiale, les pierres tombales des Canadiens indiquaient désormais le régiment dans lequel ils avaient servi. Après l’émouvant hommage rendu par Zeineb à un jeune soldat originaire de sa ville, j’ai arpenté les allées et j’ai découvert un grand nombre de soldats des Queen’s Own Rifles — le régiment qui est stationné (parmi tant d’autres) à Toronto, la ville où je vis. De nombreux bâtiments près de chez moi ont conservé une façade similaire à celle des années 1940 ; j’ai donc toujours trouvé particulièrement émouvant de me sentir si « proche » de ces Torontois qui ont arpenté les mêmes rues. Il y a assurément une sorte de chagrin particulier pour ceux qui ont vécu, servi et sont morts pour la ville qui m’a vu grandir, quelques décennies plus tard.

         J’ai pu réaliser une gravure de la pierre tombale d’Albert Westlake, le deuxième d’une fratrie de trois frères originaires de Toronto, tous enterrés dans ce cimetière. Ensuite, j’ai pris un moment pour prier — pour lui, pour ses frères, pour tous ces frères enterrés autour de lui et au-delà, dans les prairies désormais verdoyantes de France et de Belgique, et pour qu’ils trouvent un peu de cette paix pour laquelle ils se sont battus. J’espère qu’une partie de son âme trouvera le chemin du retour lorsque je regagnerai, bien trop tôt, ma ville.

         Je suis, bien sûr,

         À toi pour toujours,

         Hannah

Jack Harrington

Ce matin, j’ai eu l’honneur et le privilège de m’asseoir sur les rivages rocheux de Dieppe, où les baigneurs profitaient pleinement de cette belle journée. Cependant, au fil de la matinée, nous avons commencé à prendre conscience que cet océan, où les surfeurs s’épanouissent aujourd’hui, a également été le théâtre de l’un des moments les plus tragiques de l’histoire du Canada : le raid de Dieppe de 1942. Les vagues qui viennent aujourd’hui lécher ces rivages paisibles ont autrefois supporté le poids de près de 5 000 soldats canadiens tentant de débarquer sur la plage. Le sable a vu les troupes alliées courir à toute vitesse vers les tirs ennemis. Et l’océan est resté immobile, écoutant les dernières balles siffler, tandis que 916 Canadiens trouvaient la mort. Presque rien dans notre monde ne dure éternellement, mais s’il y a une leçon que j’ai apprise aujourd’hui, c’est que les souvenirs, eux, sont éternels.

Après un moment de recueillement solennel en mémoire du tragique raid de Dieppe, nous sommes montés sur les falaises rocheuses de la ville tandis que Mikayla, Emily et moi-même partagions le fruit de nos recherches sur la conscription. Une fois encore, l’océan a transporté ces soldats venus du Canada, d’Afrique et d’ailleurs vers le front occidental, où ils ont combattu pendant les deux guerres mondiales. De nombreux conscrits, en particulier ceux issus de minorités, n’ont jamais reçu la reconnaissance qu’ils méritaient, et j’espère que nous avons contribué, à notre humble mesure, à préserver leur mémoire en évoquant leurs histoires aujourd’hui.

Après avoir passé la matinée à Dieppe, nous avons pris le bus et avons observé le courant océanique s'écouler vers le sud jusqu'à Juno Beach, lieu de débarquement d'environ 14 000 soldats canadiens le 6 juin 1944. Ces soldats et leurs sacrifices sont honorés et commémorés au Centre de Juno Beach, un musée interactif qui retrace les histoires et l’héritage de ceux qui ont combattu lors du Débarquement. C’est dans une petite salle de projection de ce musée que s’est déroulé le moment le plus émouvant de la journée. Notre groupe s’est réuni pour regarder un documentaire à la mémoire de ceux qui ont donné leur vie en combattant sur les plages de Normandie, en se battant pour protéger les valeurs et les personnes qu’ils aimaient le plus.

Tout au long de ce voyage, j’ai eu l’occasion de me tenir sur les mêmes plages, de patauger dans les mêmes eaux et de méditer dans les mêmes lieux où ces hommes et ces femmes courageux ont autrefois combattu. Ensemble, nous devons continuer à faire connaître leurs histoires et leur héritage, en préservant leur mémoire tout en œuvrant pour un avenir plus équitable et plus pacifique.

Junior Dongmo-Tefouet

Ils marchent à nos côtés.

Aujourd’hui, dès mon réveil, j’ai pris mon petit-déjeuner à la hâte pour pouvoir faire un dernier tour sur la plage de Dieppe. Je voulais profiter une dernière fois de la tranquillité de ces plages que j’avais découverte hier soir (sans les mouettes, bien sûr) avant de mettre le cap sur Juno. C’est précisément cette sérénité qui rend pour moi inimaginable le fait que c’est sur cette même plage, en août 1942, que plus de 6 000 hommes ont tenté de percer les défenses de la côte occupée par les nazis. 6 000 hommes qui avaient quitté le Royaume-Uni ce matin-là, mais dont seuls 2 500 sont revenus.  

Nous avons ensuite gravi les falaises voisines, où Sean nous a montré les emplacements exacts depuis lesquels les Allemands avaient installé leurs mitrailleuses. En contemplant la plage d’en haut, après avoir terminé l’activité de Sean consacrée à Dieppe, j’ai compris que la mission de 1942 était vouée à l’échec, car les Allemands disposaient clairement d’un point d’appui surélevé. Même si, au début, j’ai pensé que tout cela était vain, j’ai rapidement compris que les leçons tirées ici étaient inestimables pour la réussite des Canadiens lorsqu’ils planifieraient leurs opérations sur la plage Juno (de la nécessité d’un appui naval et aérien aux différences dans l’approche de la plage et, surtout, à l’erreur consistant à choisir un rivage rocheux).

Nous avons ensuite pris la route vers le Centre de Juno Beach, un trajet qui nous a pris environ deux heures, soit le nombre d’années que nous venions de parcourir dans le temps. Heureusement pour vous, ces deux heures ne vous sembleront pas trop longues, car je vais vous parler de l’importance de la prise de ces plages en 1944. L’objectif n’était pas bien compliqué à comprendre : les Alliés avaient besoin d’une porte d’entrée vers l’Europe occidentale, et l’un de ces ports en eau profonde constituait l’endroit idéal pour acheminer du personnel et du matériel. En d’autres termes, cela était vital pour faire avancer la guerre et pour soutenir les Soviétiques qui affaiblissaient déjà l’Allemagne depuis l’Est.

C’est au Centre de Juno Beach que j’ai pris pleinement conscience de l’importance des lieux et des personnes que nous allions découvrir. En tant que Canadienne, j’ai ressenti une grande fierté en voyant l’endroit exact où, ce matin de juin 1944, des milliers de mes compatriotes ont « pris d’assaut » la plage. Nous avons pu observer les fortifications et les bunkers allemands qui s’y trouvaient à l’époque et discuter des techniques utilisées tant par les Allemands que par les Alliés pendant la bataille. Tout au long de la visite de ce musée, un thème récurrent m’a particulièrement marqué : le immense sacrifice des soldats qui ont perdu la vie. Le film projeté à la fin de l’exposition a ancré cette idée dans mon esprit. C’est de ce film inspirant sur l’héritage laissé par ces soldats que j’ai tiré la phrase d’introduction de mon blog : « Ils marchent avec nous. »

Même s'ils ne sont plus là, leur présence reste profondément ressentie.  

Photo prise par Talia

8 août

Le huitième jour, les élèves ont poursuivi leur périple à travers la Normandie, en découvrant des lieux liés à la Première et à la Seconde Guerre mondiale et en réfléchissant aux différentes façons dont ces conflits sont commémorés.

La journée a débuté au cimetière américain de Normandie, qui surplombe la plage d'Omaha Beach. Le groupe s'est ensuite rendu au cimetière militaire allemand de La Cambe, où Rosalie a présenté un exposé sur les sépultures allemandes de la Seconde Guerre mondiale et sur la manière dont l'Allemagne a abordé la mémoire de ce conflit.

À la « German Battery », les élèves ont participé à un exercice qui les a amenés à se mettre dans la peau de différents pays au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Répartis en groupes, ils ont réfléchi à ce que leur pays aurait pu exiger en matière de commémoration d’après-guerre et à la manière dont ils auraient souhaité que leurs contributions et leurs sacrifices soient commémorés. Cet exercice a permis aux élèves d’aborder la question de la mémoire sous des angles autres que le leur.

À Arromanches, Jiwoo et Sarah ont présenté leur projet de groupe sur les impacts environnementaux de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Le groupe s'est ensuite rendu au Mémorial britannique de Normandie, l'un des plus récents de la région, avant de terminer la journée par une visite à l'Abbaye d'Ardenne.

L'Abbaye d'Ardenne est le lieu où, en juin 1944, 20 prisonniers de guerre canadiens ont été assassinés par des membres de la 12e division blindée SS. Ces soldats avaient été capturés lors des combats en Normandie, puis interrogés et exécutés dans l'enceinte de l'abbaye. Ce site, dont la visite est difficile, est devenu une dernière étape riche de sens pour le programme, permettant aux élèves de réfléchir au coût humain de la guerre.

Ce soir, les élèves ont terminé leur journée à Juno Beach, rassemblés devant la Canada House.

Les visites d'aujourd'hui ont permis de faire le lien entre de nombreux thèmes abordés par les élèves tout au long du programme : la mémoire, les expériences de ceux qui ont servi, les différentes façons dont les pays commémorent la guerre, ainsi que l'impact durable des conflits sur les personnes et les lieux.

Les réflexions d'aujourd'hui sont signées Jiwoo et Talia.

Jiwoo Lee

« C'est pour ça qu'on est venus. »

C'est ainsi qu'a répondu un vétéran du débarquement en Normandie lorsque l'interviewer lui a demandé s'il était triste de voir des enfants jouer à l'endroit même où ses camarades avaient trouvé la mort. Ce sont ces mots qui resteront gravés dans mon cœur tout au long de cette émission, des remparts de Péronne aux plages de Juno.

Salut maman,

Salut papa,

Salut, mon frère préféré et unique,

Aujourd'hui, j'ai visité les plages de Normandie et elles étaient en effet des centaines de fois plus belles que les plages boueuses de chez moi, en Colombie-Britannique — même si je dois admettre que les plages sud-coréennes restent plus jolies (évidemment).

Je suis allé à Omaha Beach et j'ai eu l'impression de me retrouver dans la scène d'ouverture du film « Il faut sauver le soldat Ryan ». Les plages étaient paisibles, ce qui contrastait fortement avec les événements d'il y a quatre-vingts ans. Heureusement, il y avait moins de monde que d'habitude. Et au cas où vous ne le sauriez pas, il y avait là un immense cimetière et un mémorial. Je le précise car je n'en avais jamais entendu parler jusqu'à aujourd'hui. J'ai été surpris de voir autant de pierres tombales.

Je me suis ensuite rendu au mémorial britannique de Gold Beach — malheureusement, on n'y trouvait pas d'or. Ce mémorial était aussi imposant que les autres sites que j'avais visités — on m'a dit que 20 000 noms y étaient gravés sur les pierres.

Je suis aussi allé au cimetière allemand, pas loin des plages. Saviez-vous que les Allemands aménagent leurs cimetières dans les forêts pour que les corps retournent à la nature ? Eh bien, je l'ai appris récemment grâce à mes amis allemands (ce sont des gens sympas – en fait, tout le monde dans ce programme est sympa).

J'appréciais la visite, je recueillais de nouvelles informations, je prenais des photos et je profitais tout simplement de l'instant présent.

« Les vrais hommes ne pleurent jamais »

Ce n'est qu'un mensonge

Que j'ai tendance à dire

Pour retenir mes larmes

Mais lorsque j'ai visité l'Abbaye d'Ardenne – lieu où vingt jeunes soldats canadiens ont été exécutés –, mes émotions ont pris le dessus. L'histoire d'un de ces jeunes soldats a retenu toute mon attention.

J'ai failli pleurer.

C'était un jeune homme. J'ai vu sa photo : il avait l'air heureux et avait une femme adorable. Sa biographie évoquait brièvement son parcours : il s'était marié trois ans avant son déploiement et sa mort ; il avait même un fils. Au début, je n'arrivais pas à comprendre pourquoi je pleurais : il n'y avait aucun lien entre lui et moi.

J'ai quinze ans, il en avait vingt-cinq.

Je suis célibataire ; sa femme s'appelait Rose.

Ça ne me pose aucun problème, son fils s'appelait Richard.

Je ne sais pas ce que je veux faire plus tard ; lui, il voulait devenir agriculteur.

Pourtant, ce qui m'a brisé le cœur, c'est mon propre imaginaire. J'ai imaginé sa vie. Un jeune homme assis à la table du petit-déjeuner avec sa femme. Son jeune fils lui donnait une étreinte chaleureuse en sortant en courant de la chambre. C'était magnifique, mais la réalité était là, sous mes yeux : son destin à l'Abbaye d'Ardennes.

N'est-ce pas étrange ? J'ai vu de nombreux monuments commémoratifs et tombes, des collines de Busan jusqu'aux terres françaises. J'ai vu plus de deux cent mille noms, voire davantage, et pourtant mes émotions ne se sont jamais déchaînées. Mais aujourd'hui, en lisant les noms et les parcours de vingt soldats tout en observant les émotions de mes camarades, mes propres émotions ont jailli.

Maman, chaque fois que je me rends sur ces lieux, je me demande toujours quelles auraient pu être les pensées de ces soldats tombés au combat. Auraient-ils eu peur ? Auraient-ils été en colère ? Ou auraient-ils eu d’autres pensées ? Je ne sais pas, et peut-être que je ne veux pas le savoir. Pourtant, la question de la mort ne cesse de me hanter. C’est un sujet qui me tourmente depuis des années. Surtout cette question : que penserais-je en voyant des enfants jouer devant ma tombe sans rien savoir de ma vie ? Je ne saurais le dire, mais je savais qu’il y avait toujours une réponse quelque part au plus profond de mon âme. Et maman, le mieux que je puisse dire, c’est que je crois que je me sentirais soulagé. Non, je serai soulagé de voir ces enfants jouer innocemment devant ma tombe.

Comme l’a dit ce vétéran dont j’ai parlé au début : « C’est pour ça qu’on est venus. » Je serai heureux de savoir que j’ai contribué à leur avenir. Pour un monde où ils sont libres, un monde où ils peuvent être aimés, un monde où ils peuvent jouer. Évidemment, je n’en suis pas encore là dans ma vie et je ne devrais probablement pas parler à la légère, mais je peux te garantir une chose : cela a toujours fait partie intégrante de ma philosophie de vie. Maman, tu as raison et tu auras toujours raison quand tu dis que les enfants méritent de jouer et qu’il incombe aux adultes de protéger ce droit. Maman, en visitant ces lieux, j’ai été plus que jamais déterminé à graver ces mots dans mon cœur pour le reste de ma vie. Je suis certain que je ferai mon propre sacrifice pour ma future femme et mes futurs enfants, tout comme tu l’as fait pour moi. Et je suis plus que jamais certain que, quel que soit le sacrifice que je ferai, j’en serai fier. De plus, malgré les éventuels revers et moments d’angoisse, je ne regretterai jamais de l’avoir fait pour ma future famille et pour vous tous.

Malgré ces émotions et ces moments de tristesse, cette journée a été incroyable : j’ai beaucoup appris et j’ai partagé une grande partie de mes connaissances sur Napoléon lors d’une visite guidée consacrée à la Première et à la Seconde Guerre mondiale. C’était aujourd’hui la dernière journée complète de notre circuit, mais la fin a été plus belle que je n’aurais pu l’imaginer : une dernière danse sur la plage. C’est le plus beau moment de ma vie et il restera sans doute parmi les meilleurs jusqu’à ma mort.

Maman, papa et mon frère adoré,

Je n'ai jamais autant parlé de toute ma vie

Une chose que je n'aurais jamais pensé faire un jour

Je n'ai jamais autant fait de câlins

Une chose que je pensais ne jamais faire

La fin de notre voyage approche,

Mais ça a été un moment de joie.

J'ai hâte de te revoir très bientôt

Je t'aime, Jiwoo.

Talia Jones

Ces petits moments dont je me souviendrai pour toujours

Dans ma candidature au programme « PVB », j’ai évoqué une œuvre intitulée *Mustard Gas* (Gaz moutarde) de Sir Eric Kennington. Cette œuvre aborde essentiellement la question de l’individualité en temps de guerre. Tout au long de ce programme, j’ai approfondi ma réflexion sur ce thème. Je suis désormais convaincue que l’histoire la plus marquante ne réside pas dans les grands événements politiques ou les batailles, mais plutôt dans les récits individuels et les petits détails qui passent souvent inaperçus. J’ai donc décidé, pour mon blog d’aujourd’hui, de dénicher différents petits détails sur chacun de nos sites, que vous n’auriez pas pu découvrir sans les visiter vous-mêmes. Pour commencer la matinée, nous nous sommes rendus au cimetière américain de Normandie. Un petit détail qui m’a immédiatement frappée, c’est que toutes les tombes étaient délimitées par des cordes. Cela signifie que nous ne pouvions pas marcher au milieu des tombes, mais devions en faire le tour, les contemplant ainsi dans leur ensemble. Je trouve cela significatif, car cela offre une manière complètement différente de rendre hommage aux soldats par rapport à tous les autres cimetières du CWGC et allemands que nous avons visités. Cela donne une impression de plus grande distance : c’est comme si l’on considérait les soldats américains en tant que groupe, plutôt que de percevoir le sacrifice de chaque soldat individuellement. Très franchement, cela m’attriste, car je ne peux pas m’approcher pour lire les noms. Après cela, nous nous sommes rendus au cimetière allemand de La Combe. Ce n’est pas le premier cimetière allemand que nous visitons, et je voulais évoquer quelque chose que j’ai remarqué dans tous les cimetières allemands, y compris celui de La Combe. Comme les Alliés n’avaient accordé aux Allemands qu’un espace limité pour leurs cimetières de guerre, j’ai appris que les pierres tombales recouvraient souvent au moins deux soldats (souvent plus) pour chacune d’entre elles. Landon en a même trouvé une l’autre jour sous laquelle se trouvaient vingt tombes. Pour moi, c’est déchirant, car même en regardant ce champ et en voyant toutes ces tombes, il faut se rappeler qu’il y a au moins trois fois plus de personnes enterrées ici que ce que l’on peut physiquement voir. Je ne m’en étais jamais vraiment rendu compte avant de marcher parmi les tombes et de lire leurs noms. Le site suivant que nous avons visité était la batterie allemande de Longue-sur-Mer. Je m’attendais à voir l’énorme canon dans le bunker, mais j’ai failli passer à côté des déchirures et de la tôle déformée du canon, là où il avait été touché par un char qui tirait dessus. Cela m’a coupé le souffle, car cette déformation permettait d’imaginer facilement ce qu’avaient enduré les hommes qui tenaient ce poste ; et ce n’était même pas un sujet de discussion majeur. Mon site préféré de la journée a sans doute été le Mémorial britannique de Normandie. En tant que passionné d’architecture, j’ai trouvé ce mémorial incroyablement intéressant. Je souhaitais aborder un aspect spécifique : la pergola surplombant le mémorial (une sorte de toit en plein air). Je me suis posé de nombreuses questions sur les raisons qui ont poussé les architectes à la construire en bois. Je pense que le fait qu’il s’agisse d’un toit en plein air lui confère un aspect naturel dans l’environnement ; j’apprécie également la façon dont le chêne vieillira naturellement et marquera le passage du temps, ce que je trouve tout à fait approprié. Étant donné que je peux déjà commencer à voir le bois vieillir, je trouve que c’est une différence intéressante par rapport à un mémorial classique, à laquelle les gens ne prêtent peut-être pas attention. Pour notre dernière étape, nous avons visité l’abbaye des Ardennes, où des prisonniers de guerre canadiens de la Seconde Guerre mondiale ont été exécutés. Au départ, je ne savais pas trop comment rendre compte de ce lieu chargé d’émotions dans ce blog. Cependant, lorsque je suis entré sur le site, je n’ai vu que des drapeaux canadiens. Partout où je posais les yeux, il y avait des drapeaux, grands et petits, apportés par divers Canadiens qui avaient fait le déplacement. En parcourant les lieux avec le groupe, je me suis surpris à redresser les drapeaux, à remettre debout ceux qui étaient tombés, à lisser ceux qui étaient froissés et à raccrocher les plus grands. Ce petit geste m’a aidé à me sentir plus à l’aise dans cet espace et à supporter le poids de ces décès. Cela m’a rappelé que l’ PVB n’est pas la seule à porter le fardeau du souvenir. Des milliers de Canadiens ont fait, font et feront le pèlerinage que nous avons effectué, pour se souvenir des Canadiens disparus. Bien sûr, comment pourrais-je oublier les petits moments vécus au sein même de notre groupe ? Vu de l’extérieur, nous donnons l’impression d’être un groupe de jeunes sérieux, sérieux et intellectuels. Et bien sûr, nous sommes tout cela, mais il y a tellement plus dans ce groupe que les gens ne voient pas. Par exemple, ce soir, nous sommes allés à la plage de Juno et avons joué au football sur le sable. C'était un moment un peu doux-amer, car la fin du programme approche à grands pas, mais ce sont ces petits moments dont je me souviendrai pour toujours, qu'ils concernent la guerre ou notre groupe.  

8 août

Aujourd'hui marquait la dernière journée du programme du Prix Beaverbrook de Vimy. Après dix jours de voyage, de présentations, de débats et de visites à travers la France et la Belgique, les élèves se sont retrouvés pour une dernière journée d'apprentissage et de réflexion.

La journée a débuté au Mémorial des aviateurs canadiens, où Jack a raconté l'histoire de son soldat. Le groupe s'est ensuite rendu au Mémorial de Falaise, où il a découvert l'histoire de la bataille de la poche de Falaise et les dernières étapes de la campagne de Normandie.

Au cimetière militaire canadien de Bretteville, Talia, Émile et Grace ont présenté leurs recherches sur les soldats autochtones qui ont servi pendant la Première Guerre mondiale. Landon a ensuite raconté l'histoire de son soldat, qui vivait à seulement dix minutes de chez lui, dans une ville voisine. Sa présentation a marqué la dernière intervention du programme du Prix Beaverbrook Vimy.

La dernière étape du parcours des élèves était le mémorial polonais d'Urville, où Sean a animé la discussion de clôture du programme à l'aide de ses cartes consacrées à la Première et à la Seconde Guerre mondiale. \

Les réflexions d'aujourd'hui nous sont proposées par Grace et Maximilien.

Grace Myiow

Chers lecteurs,

Aujourd’hui, c’est à moi de rédiger cet article de blog, en ce tout dernier jour de notre périple, et je pense que c’est l’occasion idéale de faire le bilan complet du Prix Beaverbrook de Vimy 2026.

Tout d’abord, c’est aujourd’hui que mon groupe a présenté son exposé sur le thème de la participation des peuples autochtones et du Canada à l’effort de guerre. Au cours de cette présentation, nous avons abordé divers aspects, allant des contributions de chaque groupe autochtone aux principales batailles menées par le Canada pendant la Grande Guerre. Dans l’ensemble, notre présentation a été un succès et a également constitué pour moi une excellente occasion de parler d’un sujet qui me passionne.

Aujourd'hui, nous avons également visité le musée du Mémorial de la Falaise, en Normandie, où nous sommes tombés par hasard sur une fête médiévale qui se déroulait sur la place juste à côté. Nous avons parcouru le musée avec un audioguide, ce qui nous a permis d'en apprendre davantage sur divers aspects de la Seconde Guerre mondiale.

Nous avons terminé la journée par la visite d'un mémorial polonais, où nous avons officiellement clôturé le programme du Prix Beaverbrook de Vimy.

À présent, alors que je suis assise ici à écrire ces lignes, après notre dernier dîner tous ensemble, seule dans ma chambre, depuis que la charnière de la porte de ma chambre d’origine s’est cassée (merci pour ton aide, Thomas), je ne peux m’empêcher d’avoir les larmes aux yeux à l’idée que demain, tout cela sera fini.

Lorsque je me suis inscrit à l’ PVB, je m’attendais à repartir avec une connaissance approfondie de deux des conflits historiques les plus marquants, mais je ne m’attendais pas à repartir avec des liens solides qui dureront toute ma vie.

Ce programme m'a non seulement permis d'apprendre des leçons historiques importantes, mais aussi de comprendre à quel point les amis que l'on se fait en relevant ces défis sont précieux. Nous avons pu avoir des moments sérieux et des discussions profondes, mais nous avons aussi pu nous amuser, rire ensemble et faire une partie de cartes plutôt sympa.

Dans l'ensemble, les mots me manquent pour exprimer à quel point je suis reconnaissant d'avoir pu participer à un programme comme celui-ci.

À la Fondation Vimy,

Merci.

Maximilien Belvalette

Le programme touche enfin à sa fin. Snif !! Je suis envahi par un sentiment mitigé. D’un côté, celui de devoir rentrer chez moi à contrecœur alors que je suis arrivé hier à peine ; de l’autre, tant de moments inoubliables et de lieux que nous avons visités. Mais ce n’est pas parce que le temps file bien plus vite que je ne le voudrais que cette journée, à l’instar des autres, n’ait pas été riche en émotions. Elle a commencé sous la légère bruine matinale qui fait tout le charme du paysage normand. C’est donc à l’aérodrome de Falaise que nous avons entamé notre dernière journée de visite. Plus précisément devant la plaque dédiée aux aviateurs canadiens ayant combattu pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette plaque nous rappelle tristement que de nombreux pilotes ayant perdu la vie au-dessus de l’océan n’ont généralement pas de tombe sur laquelle leurs familles peuvent venir se recueillir. Pourtant, ce n’est pas de cela que Jack a voulu nous parler lorsqu’il a évoqué la vie trop courte de Walter Henri Plant. Ce dernier, pilote canadien, est décédé lors d’un exercice de pilotage avec douze autres camarades à bord, avant même d’avoir pris part au moindre combat. Aurait-il été un bon pilote une fois au combat ? Personne ne le saura jamais, et pourtant, doit-il être commémoré de la même manière que ses compagnons morts au combat ? Sa détermination à se battre alors qu’il n’en a pas eu l’occasion suffit-elle à l’honorer autant que les autres ? La réponse appartient à chacun qui vient au mémorial et découvre son histoire. Sur ces questions, nous nous sommes rendus dans le quartier médiéval de la ville de Falaise. Après un petit détour par la foire en attendant son ouverture, nous avons visité le musée dédié aux civils. Dans une démarche moderne consistant à partir des civils pour parler de la guerre, le musée présente le quotidien des civils français pendant le conflit. De l’exode à leur regard sur la libération, en passant par l’occupation, le STO, la déportation… Une muséographie très intéressante qui commence par la présentation d’objets ou de fac-similés avant d’approfondir le sujet grâce aux cartels explicatifs. La division thématique, plutôt que chronologique ou géographique, permet de comparer les conditions de vie. La visite de ce musée se termine par la projection d’images d’archives de bombardements survenus pendant la bataille de Normandie, dans une salle spécifique. En effet, son sol est recouvert de verre laissant apparaître les vestiges du bâtiment qui se trouvait là avant le musée, celui qui fut détruit lors des mêmes bombardements que l’on voit à l’écran. 3 000 noms. C’est le nombre de soldats enterrés dans le cimetière de Brethville-sur-Laize. Mais ils n’ont de sens pour chacun que lorsque l’on connaît leur histoire. C’est ce que Landon s’est proposé de faire en nous parlant de John Wendall Macneill, soldat originaire de son village natal à l’Île-du-Prince-Édouard et enterré dans ce cimetière après avoir trouvé la mort lors de la libération de Caen. Ce n’est qu’alors que son nom, inscrit sur une stèle, devient une histoire, une personne dont on se souvient. De plus, nous avons également assisté à la présentation de Grace, Émile et Talia sur l’effort de guerre des Autochtones canadiens. Un sujet pourtant essentiel dont on ne parle presque jamais, et qui conduit à l’oubli du courage de milliers de soldats autochtones. Se souvenir de la guerre, c’est donc se souvenir de tout le monde, de chaque acteur qui a été, de près ou de loin, impliqué dans le conflit. C’est aussi pour cela que nous avons terminé notre semaine au cimetière polonais, témoin du sacrifice de ces soldats venus libérer le sol français alors que le leur était tout autant occupé. Et quel retour cruel sur Paris, symbole de la fin de ce voyage ! Ce trajet en bus, trop long, qui a laissé à chacun le temps de se remémorer ces moments partagés tout au long de la semaine. Un goût à la fois amer et doux, mêlant notre nouvelle prise de conscience sur la guerre et notre expérience personnelle sur l’ensemble des sites que nous avons visités. Hier, je connaissais, parfois par cœur, ces sites et ces champs de bataille, mais aujourd’hui, je les vis à travers les yeux et les souvenirs, parfois familiaux, de chacun de ceux avec qui j’ai eu la chance de vivre cette formidable aventure. Merci à eux tous.

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À l'approche du 90e anniversaire de l'inauguration du Mémorial national canadien de Vimy, Blair Ketcheson propose une petite série de tirages issus de sa collection « Portraits of an Icon ». « Canada Bereft » est une photographie d'art saisissante qui immortalise l'une des figures les plus puissantes et les plus reconnaissables du Mémorial de Vimy. Cette image met en valeur la grâce solennelle et le symbolisme intemporel du monument, rendant un hommage profondément émouvant au sacrifice et au souvenir. Réalisé en exclusivité pour la Fondation Vimy, chaque tirage fait partie d'une édition limitée à cinquante exemplaires, signés et numérotés par l'artiste. Les tirages mesurent environ 33 cm x 48 cm sur des feuilles de 43 cm x 56 cm. Une fiche d’attribution accompagne chaque tirage, fournissant des détails sur l’image, l’édition, les droits d’auteur et l’encadrement. Chaque tirage est numéroté sur 50 exemplaires et disponible uniquement jusqu’à épuisement des stocks. Copyright © 2014 Blair Ketcheson : Tous droits réservés.

« Canada Bereft », estampe de Blair Ketcheson, tirée à 50 exemplaires

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Le Mémorial de Vimy À l’approche du 90e anniversaire de l’inauguration du Mémorial national canadien de Vimy, Blair Ketcheson propose une petite série de tirages issus de sa collection « Portraits of an Icon ». Cette photographie d’art du Mémorial de Vimy offre une perspective intemporelle sur l’un des symboles nationaux les plus importants du Canada. Grâce à une composition et à un jeu de lumière soignés, l’image rend compte à la fois de la grandeur architecturale du monument et de sa profonde signification historique. Réalisé en exclusivité pour la Fondation Vimy, chaque tirage fait partie d’une édition limitée à cinquante exemplaires, signés et numérotés par l’artiste. Les tirages mesurent environ 33 cm x 48 cm sur des feuilles de 43 cm x 56 cm. Chaque achat est accompagné d’une fiche descriptive contenant des informations sur la photographie, l’édition, les droits d’auteur et l’encadrement. Chaque tirage est numéroté sur 50 et disponible jusqu’à épuisement des stocks. Copyright © 2014 Blair Ketcheson : Tous droits réservés.

« Le Mémorial de Vimy », estampe de Blair Ketcheson, tirée à 50 exemplaires

300,00 $ 

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Pierre du Souvenir À l’approche du 90e anniversaire de l’inauguration du Mémorial national canadien de Vimy, Blair Ketcheson a mis en vente une petite série de tirages issus de sa collection « Portraits of an Icon ». « Stone of Remembrance » met en lumière l’un des éléments caractéristiques que l’on retrouve dans les cimetières de guerre du Commonwealth. Chaque pierre porte l’inscription « Their name liveth for evermore » (Leur nom vivra à jamais), choisie par Rudyard Kipling dans le Livre de l’Ecclésiastique, reflétant le souvenir éternel des soldats tombés au combat. Réalisé en exclusivité pour la Fondation Vimy, chaque tirage fait partie d’une édition limitée à cinquante exemplaires, signés et numérotés par l’artiste. Les tirages mesurent environ 33 cm x 48 cm sur des feuilles de 43 cm x 56 cm. Une fiche descriptive est jointe à chaque commande, détaillant l’image, l’édition, les droits d’auteur et les informations relatives à l’encadrement. Chaque tirage est numéroté sur 50 exemplaires et disponible jusqu’à épuisement des stocks. Copyright © 2014 Blair Ketcheson : Tous droits réservés.

Estampe « Stone of Remembrance » de Blair Ketcheson, tirée à 50 exemplaires

300,00 $ 

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